La REGLEMENTATION THERMIQUE 2012
La réglementation thermique en vigueur, la RT 2012, s’applique à tous les projets de
bâtiments neufs des secteurs résidentiels, dont le dépôt de demande de permis de construire
est déposé à partir du 1er Janvier 2013. Elle évoluera environ tous les sept ans (future RT
2020) pour atteindre l’objectif fixé par le gouvernement d’ici 2050 : réduire par quatre les
émissions de gaz à effet de serre (facteur 4).

La réglementation thermique 2012 s’appuie sur 2 coefficients et 1 température :
La consommation maximale Cepmax, représente la capacité du bâtiment à limiter ses
besoins en énergie. Elle s'applique à 5 postes :
- chauffage,
- refroidissement,
- ECS (eau chaude sanitaire),
- éclairage,
- auxiliaires (de chauffage, de refroidissement, d'ECS et de ventilation).
La consommation conventionnelle d'énergie du bâtiment doit être inférieure ou égale à une
consommation maximale de 50 kWh ep/m².an.
Elle peut varier suivant le type du bâtiment (Mc type), la localisation géographique (Mc géo),
l’altitude (Mc alt), la surface moyenne du logement (Mc surf), et selon les émissions de gaz à
effet de serre des énergies utilisées (Mc GES).
Le besoin bioclimatique maximal (Bbiomax), permet d’optimiser la conception du
bâtiment en fonction de la forme, de l’orientation, de l’environnement du bâtiment.
Le Bbio est un coefficient visant à exprimer la conception du bâti en prenant en compte :
isolation, démarche bioclimatique, apports solaires, éclairage naturel, orientations,
mitoyenneté.
La température intérieure de référence (Tic réf), à ne pas dépasser pour garantir le
confort d’été : Tic = Tic réf. Elle est calculée en utilisant les données climatiques
conventionnelles pour chaque zone climatique. En France, il y a 8 zones climatiques définies
(H1a, H1b, H1c, H2a, H2b, H2c, H2d et H3) ainsi que 3 classes d'exposition au bruit des
infrastructures de transport (BR1, BR2, BR3).
La référence de la RT 2012 en Charente-Maritime est la zone climatique H2.
La consommation d'énergie du bâtiment devra être inférieure ou égale à 50 kWh ep/m².an.

La RT 2012 doit respecter les exigences techniques suivantes :
1) La perméabilité à l’air de l’enveloppe du bâtiment permet d’évaluer le débit de fuites
sous 4 pascals (Pa) de l’enveloppe extérieure, noté Q4 Pa surf (valeur officielle de perméabilité
à l’air). Cette valeur doit être inférieure ou égale 0.6 m3/h.m² de parois froides hors plancher
en maison individuelle (pour info : 1 m3/h.m² de parois froides hors plancher bas en immeuble
collectif d'habitation).
Des défauts de perméabilité à l’air sont souvent rencontrés et peuvent causer une grande
perte d’énergie. Elle perturbe notamment la bonne maîtrise du renouvellement d’air et
augmente les déperditions thermiques du bâtiment.
Les principales sources de fuites d’air :
- Liaisons façades et planchers : liaison mur-dalle sur terre plein, liaison mur-dalle ou
plancher en partie courante…
- Menuiseries extérieures : seuil de
fenêtre au niveau du linteau...

porte palière, seuil de porte fenêtre, liaison mur-

- Equipements électriques : interrupteurs sur paroi extérieure, prises de courant sur
paroi extérieure, tableaux, gaines…
- Trappes et éléments traversant les parois : trappe d’accès aux combles, trappe d’accès
aux gaines techniques,…

www.certu.fr
2) L’utilisation d’énergies renouvelables est obligatoire dans une maison individuelle. Elle
doit y recourir sous l’une des formes suivantes :
- Etre raccordée à un réseau de chaleur alimenté à plus de 50% par une énergie
renouvelable
- Démontrer que l’utilisation des énergies renouvelables au Cep du bâtiment est
supérieure ou égale à 5 kWh ep/ (m².an)
- Produire de l’eau chaude sanitaire à partir, soit d’un système solaire thermique, soit
d’un appareil de production d’eau chaude sanitaire thermodynamique.

3) La surface des baies vitrées doit être supérieure à 1/6 de la surface habitable.

Comparaison de l’énergie primaire conventionnelle des bâtiments depuis 1975
(Consommation énergétique incluant chauffage, ECS, ventilation, éclairage, climatisation)

RT 1975
330 kWh/m²/an

RT 2000
130 kWh/m²/an

RT 2005
110 kWh/m²/an
RT 2012
50 kWh/m²/an
Bâtiment Passif
15 kWh/m²/an

Attention : Pour réaliser une maison RT 2012, il est obligatoire de réaliser un calcul
thermique réglementaire selon la méthode Th-BCE 2012, réalisé le plus couramment pas
un bureau d’étude thermique.

Réalisé avec l’IUT Génie Civil de La Rochelle

Fiche technique n° 1 :

Isolation
Isolation murs :
La RT 2012 impose une résistance thermique des murs supérieure ou égale à 4 m².K/W, ce qui
équivaut à une épaisseur de 16 cm pour les isolants classiques (conductivité de 0,04 W/Km).

Ossature bois :

©hugobrun

©hugobrun

Maçonnerie :
Isolation par l’intérieur :
Utiliser des rupteurs thermiques pour
les déperditions entre planchers et
murs.
Associer épaisseur d’isolant et densité
afin d’obtenir un confort d’été
suffisant.

©hugobrun

Un enduit projeté sur le mur
maçonné permet de
maximiser l’étanchéité à l’air.

©hugobrun

Réalisé avec l’IUT Génie Civil de La Rochelle

Isolation par l’extérieur :
Veiller à laisser une lame d’air entre le
bardage et le pare-pluie.
L’étanchéité peut être assurée par un
enduit si la façade ne possède pas de
bardage.
Associer épaisseur d’isolant et densité
afin d’obtenir un confort d’été suffisant.
©hugobrun

Isolation des combles :
La RT 2012 impose une résistance
thermique des combles supérieure ou égale
à 8 m².K/W. Soit une épaisseur d’isolant
classique de 32 cm

©hugobrun

Isolation du sol :
La RT 2012 impose une résistance thermique des murs supérieure ou égale à 4 m².K/W.

©hugobrun
Une isolation type est proposée ci-dessous :
Soigner les ponts thermiques
Si les panneaux de mousse de polystyrène sont superposés, les poser en quinconce de la manière suivante :

©hugobrun
Eviter de percer l’isolant, cela évite les ponts thermiques
Respecter les épaisseurs d’isolant afin de respecter la RT2012

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Fiche technique n° 2 :

Menuiseries
La RT 2012 impose le traitement de l’étanchéité à l’air en exigent une performance, validée par un test de
perméabilité à l’air. Pour cela, il faut combler au maximum les entrées d’air. Environ 40 % des fuites
constatées sont autour des menuiseries (fenêtres, portes, coffres de volets roulants).

On distingue trois sources principales de fuite :
- Les fuites issues d’un défaut de fabrication de la menuiserie ou d’une dégradation suite à un
mauvais stockage sur chantier
- Les fuites issues d’un mauvais calfeutrement entre le dormant de la menuiserie et la paroi
- Les fuites issues après la pose de la menuiserie (ex : lors de l’intervention de l’électricien)

Stockage des menuiseries : Lors de la réception sur
chantier des menuiseries, veillé à ce que celles-ci
soient stockées verticalement, à l’abri des risques du
chantier ainsi que des intempéries.

Eviter les entrées d’air entre le dormant
de la menuiserie et la paroi : mettre en
place une membrane étanche sur toute
la périphérie de la liaison dormant –
gros-œuvre en respectant la continuité
dans les angles.

Il existe un classement pour mesurer l’étanchéité des menuiseries, le classement AEV. Il désigne la
résistance de menuiserie aux éléments AIR, Eau et Vent. Le niveau de performance va de A1 à A4 (A4
étant le plus étanche). Une menuiserie certifiée A4 va laisser passer 3 fois moins d’air qu’une menuiserie
certifiée A3.

Réalisé avec l’IUT Génie Civil de La Rochelle

Les menuiseries en bois ainsi qu’en PVC ont une très bonne performance d’isolation thermique.

En revanche, les menuiseries en aluminium (métalliques) demeurent moins
performantes (tant en hiver qu’en été) : utiliser des profilés aluminium à
rupture de pont thermique.

Rupteur de pont thermique

Il existe trois techniques principales pour réaliser la rupture de pont thermique :
- Les barrettes PA : ce sont des barrettes polyamides chargées à 25 % de fibre de verre qui sont
liaisonnées par emboîtement mécanique avec les profilés aluminium intérieur et extérieur.
- Les barrettes PVC : ce sont des barrettes liaisonnées par sertissage mécanique avec les profilés
aluminium intérieur et extérieur.
- La résine PU : c’est une résine en polyuréthane coulée dans la menuiserie (endroit prévu à cet
effet).

Installer une barre d’étanchéité au niveau du
seuil de la porte d’entrée.

Mettre en place le coffre de volet roulant côté
extérieur ce qui diminuera les risques d’infiltration
d’air ainsi que les ponts thermiques. (Si les coffres
sont placés à l’intérieur, les volets roulants sont donc
à l’intérieur lorsqu’ils sont remonté, et à l’extérieur
lorsqu’ils sont déplié).

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Fiche technique n°3 :
Electricité
La RT 2012 impose le traitement de l’étanchéité à l’air en exigent une performance
validée par un test de perméabilité à l’air. Pour cela, il faut combler au maximum les entrées
d’air. Le passage des réseaux électriques est un souci majeur où la vigilance doit être de
mise. Plusieurs solutions sont envisageables.
Il est fortement conseillé d’utiliser des boitiers étanches pour
assurer l’étanchéité à l’air de la paroi
.
L’application doit se faire comme suit :

©legrand

©hugobrun

Les déperditions sont plus importantes lorsque les réseaux sont
regroupés.
©fiabiat

Il est donc recommandé d’effectuer des
percements à l’unité pour conserver une bonne
étanchéité à l’air.
©legrand

La mousse polyuréthane ne sera pas efficace à moyen terme pour assurer
l’étanchéité à l’air.

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Fiche technique n° 4 :

Plomberie
La RT 2012 impose le traitement de l’étanchéité à l’air en exigent une performance, validée
par un test de perméabilité à l’air. Pour cela, il faut combler au maximum les entrées d’air. Le
passage des réseaux de plomberie est un problème majeur où la vigilance doit être de mise.

Dans un souci d’étanchéité à l’air, plusieurs solutions sont envisageables :

- Utiliser des manchons prévus
au passage de réseaux :

©hugobrun

- Utiliser une pâte permettant de
conserver l’étanchéité :

©deltareflex

-

Utiliser une bande adhésive :

©maisonpaille

La mousse polyuréthane devient perméable à l’air sur du long terme.

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Fiche technique n° 5 :
Etanchéité à l’air
Objectifs de l’étanchéité à l’air :
-

-

Réduire au maximum les fuites d’air parasites du bâtiment.
Réduire la facture de chauffage annuelle (gain de 16 à 20 kWh/m²/an)
Améliorer le confort intérieur :
Aucun courant d’air parasite
Pas de déperdition thermique
Pas de gêne acoustique
Limite les risques de détérioration des composants de la paroi par l’humidité.

Mise en œuvre :
Maçonnerie :
Les éléments de maçonnerie (parpaings, briques…) ne constituent pas une paroi suffisamment étanche à l’air, il
faut combler ces failles en projetant un enduit ou en utilisant une membrane pare-vapeur.
L’application de l’enduit doit suivre la notice du fabricant, car si celui-ci se fissure, l’étanchéité à l’air sera remise
en cause.

Ossatures bois et acier :
L’étanchéité à l’air pour les bâtiments à ossatures bois ou acier peut être réalisée par une membrane frein vapeur
ou pare vapeur. Pour les ossatures bois l’étanchéité peut également être réalisée en plaçant les panneaux de
contreventement (type OSB) côté l’intérieur.
La membrane d’étanchéité peut être agrafée sur les montants bois (figure 1), pour les ossatures en acier
(ossature bois également), elle est collée sur un adhésif double face qui est lui-même posé sur l’ossature et
l’isolant (figure 2).

©hugobrun
©hugobrun

Figure 1

Figure 2

Comme illustré sur les schémas ci-dessus, des adhésifs sont posés pour effectuer les raccords entre
membranes, mais il faut limiter ces raccords et utiliser de préférence des rouleaux de membrane de grande
largeur.

Réalisé avec l’IUT Génie Civil de La Rochelle

Il convient aussi d’éviter les plis en positionnant la membrane.
Lors de la pose dans les angles, il faut bien suivre ceux-ci et ne pas tendre la membrane, sinon les risques de
percer la membrane sont importants lors de la pose des rails pour les plaques de plâtre.
Pour les différents raccords à réaliser (raccord dallage béton/mur bois, maçonnerie..) plusieurs types d’adhésifs
existent.

©hugobrun

Menuiseries extérieures :
Les menuiseries modernes possèdent une bonne étanchéité à l’air, mais le point crucial à traiter est la liaison
entre le dormant de la fenêtre et la membrane d’étanchéité à l’air déjà posée. Pour assurer cette liaison, la pose
d’une membrane flexible avec un adhésif est essentielle.

Passage des réseaux
Que ce soit pour l’électricien, le plombier ou le chauffagiste, les passages des fluides doivent avoir été pensés
lors de la conception du bâtiment.
Il faut éviter le plus possible de percer la membrane d’étanchéité.
Pour l’électricité, il faut placer de préférence le tableau électrique dans le volume chauffé.
Si la perforation de la membrane est inévitable, des boitiers électriques possédant une membrane d’étanchéité à
l’air existent sur le marché.
De plus, pour les gaines de tailles importantes, des manchons en caoutchouc existent pour traverser la
membrane.

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Fiche technique n° 6 :

Ventilation
Mettre en place un système de renouvellement d’air dans une maison bien isolée et étanche à l’air est primordiale
afin de maîtriser le confort thermique. Cela qui permet d’améliorer la performance énergétique en optimisant la
quantité d’air renouvelé, de garantir la qualité de l’air intérieur et de protéger la maison des excès d’humidité.

Le système de ventilation doit être adapté à la surface habitable mais aussi aux différentes pièces de la maison :
-

Plus le nombre d’habitants d’un logement est élevé, plus les besoins en ventilation augmentent.

-

La ventilation d’une chambre à coucher ne se fait pas de la même manière que la ventilation d’une
cuisine ou d’une salle de bain : les pièces humides ont un besoin de ventilation supérieur.

-

Le fonctionnement des appareils électroménagers favorise également l’humidité.

Différents points à respecter pour avoir une bonne étanchéité :

-

Positionner le groupe et les conduits de préférence dans
le volume chauffé pour limiter les déperditions (ex : pour
une VMC double flux)

©AQC

-

Soigner l’étanchéité du réseau. L’étanchéité à l’air des
membranes doit être assurée au pourtour des gaines de
ventilation à l’aide de mastic et/ou de bandes adhésives.
Soigner particulièrement l’étanchéité au niveau du
raccordement des bouches qui est une source récurrente
de fuite.

-

Préférer des jonctions (tés, collecteurs d’étages, etc.)
étanches préfabriquées en usine.

-

Faire attention aux liaisons entre conduits verticaux et
horizontaux. Préférer des conduits de liaison rigides ou
semi-rigides entre les colonnes verticales et les bouches.

-

Réaliser un joint étanche sur les traversées de plancher,
avec bandes adhésives et/ou mastic.
©hugobrun

Réalisé avec l’IUT Génie Civil de La Rochelle

Le ventilateur doit être fixé sur un socle antivibratile pour éviter des problèmes d’acoustique.

©hugobrun
Socle anti-vibratile

Lors du transport et du stockage des conduits, éviter les déformations des conduits qui aggravent les
risques de fuite en les positionnant de manière à ce qu’ils ne prennent pas de chocs. De plus, protéger
les conduits des déformations et des salissures sur le chantier en utilisant des bouchons.

Réalisé avec l’IUT Génie Civil de La Rochelle

Fiche technique n°7 :
Conduit de cheminées
La RT 2012 impose le traitement de l’étanchéité à l’air en exigeant une performance,
validée par un test de perméabilité à l’air. Pour cela, il faut limiter au maximum les entrées
d’air. Le passage des réseaux de chauffage constitue un problème majeur où la vigilance
doit être de mise. Plusieurs solutions existent :

L’Écart au Feu Isolé (EFI) :
- assure la liaison avec l’isolant projeté en combles
- agit comme un rupteur thermique entre les parties
froides et chauffées
- réalise l’étanchéité à l’air au niveau de la traversée du
plafond
L’EFI possède la caractéristique d’être facile et rapide à
installer. Il est disponible en version « plafond rampant » et en
version « plafond horizontal ».

Lahera

Le système de « plaque de distance de sécurité étanche » et de « coquille isolante
haute température » répond aux exigences de :
- Faibles perméabilité à l’air
- Faibles déperditions thermiques du plafond
Le système comprend 3 parties :

Collier de soutien
rehaussé

Coquille isolante

Plaque de
distance de
sécurité
Poujoulat

Poujoulat

Réalisé avec l’IUT Génie Civil de La Rochelle

Fiche technique n° 8 :

Traitement des tableaux électriques
Le passage des réseaux électriques est un souci majeur où la vigilance doit être de mise
pour valider le test de perméabilité à l’air qu’impose la RT 2012.

Du côté étanche à l’air il est préconisé
de fixer la gaine technique sur le
support (placo, plaque de plâtre).
→ Cela permet de faire passer toutes
les gaines du côté étanche à l’air

Réseau Pro

À l’aide d’un adhésif et/ou d’un mastic,
assurer l’étanchéité à l’air au pourtour
et dans les gaines venant de l’extérieur
(téléphone, interphone, portail, lampes
extérieures…)
→ L’adhésif traite les points spécifique
→ Le mastic permet de faire la jonction
de la membrane avec les autres
matériaux

Réseau Pro

Pour finaliser l’étanchéité à l’air du
réseau électrique de manière durable,
réaliser les branchements électriques.
→ L’étanchéité à l’air est réalisée et la
RT 2012 est respectée

Réseau Pro